Apprécier le Ottawa

26 octobre 2009
par letapageur

Suite du ridiculement long récit de ma fin de semaine.

Après une nuit de sommeil bien peu réparatrice où relents de rhum, souvenirs de lesbiennes et hâte de gamin se mélangeaient intensément, le grand matin du match tant attendu était arrivé. Ce fut un matin un peu grumeleux, ce genre de réveil un peu laborieux où l’on prend une douche pour mieux se recoucher pendant une heure et demie, somnolant de façon intermittente en écoutant des documentaires à Discovery Channel.

Finalement, tout le monde réussit à se trouver suffisamment de motivation pour s’activer et nous nous dirigeons vers un restaurant où l’on sert des déjeuners en déambulant dans la ville, le cœur joyeux et les cheveux au vent, une vie comme un clip de boys band.

Nous déjeunons avec ardeur au Eggspectations, là où on est pas à un jeu de mots louche avec eggs près et là où se trouvent les seules filles kinda sexy de tout l’Ottawa downtown. De retour à l’hôtel, on sonde une carte de la région à la recherche de divertissement. Notre choix final se porte sur le Musée canadien de la nature parce qu’on se dit qu’une icône de dinosaure sur une carte, c’est un sacrament de gage de plaisir.

C’est ainsi que nous reprenons la marche en direction de ce lieu de mille promesses. Arrivés sur place, après une longue marche où nous avons croisé moult mendiants, ce qui me rend profondément triste, vraiment, nous apprenons que ledit musée est fermé pour cause de réparation pour tout le mois d’octobre.

Quelques déchirages de chemises exacerbés plus tard, on reprend la route pour se diriger vers le Musée des beaux-arts du plusse meilleur pays au monde pour finalement y être déçu aussi. On retourne donc à l’hôtel un peu bredouille, dans l’attente du Boutch qui ne tarderait pas à arriver en provenance de Montréal.

Une fois ce gaillard en ville, notre sextet mythique était désormais complet et il ne restait plus que quelques heures entre nous et le match Ottawa-Boston. Lentement, nous nous préparons à prendre le bus en direction de Kanata, banlieue du diable.

Après un trajet d’une vingtaine de minutes plus ou moins agréable, poussés par le vent dans le village endormi, nous voilà en terre promise, une terre bien loin de celle crachée par Éric Lapointe. Nous scindant un chemin parmi la masse grouillante, nous parvenons à nous frayer un chemin jusqu’à notre place juste à temps pour la période de réchauffement.

Assis dans la cinquième rangée, nous avons une vue imprenable sur les étirements routiniers des joueurs du Ottawa. Kovalev y va de foudroyants tirs du poignet avec un peu de nonchalance, Alfie y va de quelques feintes mirobolantes, Chris Neil se promène avec sa ciboire de face de peste. À l’autre bout de la patinoire, Zdeno Chara exécute plusieurs lancers frappés foudroyants. J’ai des frissons. Nous sommes tellement proches que j’affirme pompeusement à 3-4 reprises qu’il est impossible qu’une rondelle nous atteigne, nous sommes protégés par la baie vitrée.

Une fois les joueurs retraités aux vestiaires, je vais me chercher deux hot-dogs et une bière de 24 onces pour la modique somme de 19 dollars. Alors qu’en certains lieux on me sucerait la saucisse pour pareil montant, ici, on m’en donne deux dans des pains tièdes et humides. Malgré tout, je paie sans rechigner, affamé et assoiffé.

Puis le match débute. La foule est bruyante, les mises en échec percutantes, les feintes époustouflantes pis plein d’autres rimes en antes là. J’ai le sourire grand, franchement heureux. La première période se dispute à un rythme effréné et bien peu d’arrêts de jeu viennent troubler le premier 20 minutes qui se termine sans le moindre but. Aucun évènement marquant n’a eu lieu si ce n’est qu’une rondelle perdue qui est venue frapper mon banc, à quelques pouces de mes côtes. Inévitablement, on se permet de bien rigoler avec ma certitude que nous n’aurions pas de rondelle sur nous et encore aujourd’hui, je m’explique mal le parcours du palet.

Nous avons du plaisir, nous enivrons lentement à des prix exorbitants. En tant que jeunes un peu cons, nous pimentant la partie en criant nombre de commentaires pertinents tels que « L’arbitre, tes patins sont laites », « Kovy, TABARNAK » ou encore « Micheal Ryder calisse, r’tourne à Terre-Neuve mon gros criss ».

C’est à la moitié de la deuxième période que les cordages sont secoués une première fois. Parvenant à s’échapper pendant une infériorité numérique, Daniel Alfredssonn y va d’un tir vif et trompe la vigilance de Tim Thomas. Juste avant la fin de la période, Blake Wheeler nivèle cependant la marque à l’aide d’un tir vif qui déjoue un Brian Elliot qui était, un peu malheureusement, d’office à la place de Pascale Leclaire ce samedi.

Puis en troisième période, les Sénateurs enfilent deux buts pour s’emparer d’une solide avance. Avec deux minutes à écouler, Claude Julien joue d’audace et retire son gardien afin de bénéficier d’un attaquant supplémentaire. Avec 1 :28 à faire, les Oursons du Boston marquent grâce à Mark Recchi qui vient faire 3-2. Soudainement, je suis le plus gros fan des Bruins qui soit. Je veux une prolongation/fusillade. Avec seulement 22 secondes restantes dans la partie, l’improbable se produit et Krejci enfile son premier de la saison afin de créer l’égalité et l’hystérie dans l’aréna. Dans la rangée E, section 117, on jubile.

La partie se rend donc en prolongation, prolongation qui ne fera pas de maître. C’est donc les tirs de barrage qui ont déterminé le vainqueur et c’est Patrice Bergeron qui a enfilé l’unique but de la fusillade au grand désarroi des partisans d’un jour des Sénateurs que nous étions. Cela dit, à grands coups de bière à 11$ et 8.50, j’avais une joie assez prononcée, peu importe le dénouement de cette incroyable partie.

Nous avons donc pris le bus pour revenir à notre hôtel où, après CH Express à RDS, nous avons peu à peu sombré dans les bras de Morphée. Aujourd’hui, le voyage de retour a été agréable.

Je ne sais trop comment conclure tout ça si ce n’est qu’en répétant encore une fois que j’ai hautement apprécié mon week-end.
SENS

Apprivoiser le Ottawa

25 octobre 2009
par letapageur

Vendredi midi, après un avant-midi plutôt morose au boulot et plus de deux mois d’attente aussi insoutenable que l’équipe d’analyse hockey de RDS, nous partions, moi et 3 acolytes,  en train en direction d’Ottawa afin d’assister au match entre les Sénateurs du Ottawa et les Oursons du Boston à ScotiaBank Place.

C’est avec l’excitation typique d’un duveteux tout prépubère que je m’apprêtais à prendre le train pour la première fois. De grande taille, j’ai toujours détesté l’autobus et je craignais que l’habitacle du train soit aussi exigu que la modestie de Régis Labeaume. Fort heureusement, c’est exultant que je découvre que nous somme assignés à une large banquette où nous sommes assis tous ensemble tout en disposant d’une table entre nous. C’est pareil comme dans Maurice Richard le film et je suis fucking Boutch Bouchard.

Cela dit, je suis malgré tout déçu par l’accès internet promis pompeusement sur le site de Via Rail et qui est inexistant. Je noie donc ma peine à l’aide du rhum and Coke que je me suis judicieusement concocté dans le stationnement de la gare et pendant que mes amis peu subtils se font avertir qu’ils sont HORS LA LOI avec leurs bières, je sirote mon doux breuvage en sillonnant les contrées pittoresques du Québec.

Après un arrêt à la gare de Montréal où je vais me prendre un refill de Coke au McDonald d’un pas fort chancelant, l’Élite, un ami de Montréal, se joint déjà au groupe formé de votre humble serviteur, du Vieux, du Kid et de Sa Sweetness. Ne manque plus que le Boutch qui viendra se greffer à l’ensemble le samedi.

Puis finalement, après environ 5h30 de voyage ferroviaire, on pénètre dans la grise Capitale. Une fois à l’hôtel, nous concentrons nos énergies à trouver un buffet all you can eat en tant que jeunes fortement constitués qui désirent de ravitailler correctement. Faute de choix, nous nous retrouvons au Tucker’s où un diminutif buffet nous est offert pour la substantielle somme de 20 bidous +.  Après avoir englouti quantités d’assiettes constituées des 2-3 seuls bons éléments offerts, élégance et retenue en sus, on règle la facture où le tip a déjà été inclus, un concept que je trouve profondément con. D’autant plus qu’on ne sait pas vraiment si c’est tout inclus ou si le serveur s’attend à recevoir plus d’oseille.

Repus et encore un peu enivrés, nous décidons de sonder Ottawa downtown à la recherche d’un lieu pour continuer à boire éhontément. Le Kid, fringant et tout jeune, est rapidement attiré par un bar qui offre jeu de lumière et musique externe, tout pour accrocher son œil vif de vigoureux enfant. Sans trop attendre, nous pénétrons dans l’établissement.

Accueillis par une musique ridiculement assourdissante compte tenu du plus que faible achalandage de la place, nous décidons malgré tout de prendre place sur les quelques chaises positionnés en retrait. Après peu de temps, un serveur au gilet moulant et pectoraux en forme de banane vient s’enquérir de notre situation et demande à voir nos I.D., quelque chose qu’on fera constamment à notre endroit durant notre séjour même si j’ai la maturité d’au moins 32 ans TSÉ. Après avoir vérifié que nous avions tous l’âge de boire, il s’en va sans nous demander si, justement, nous voulions de quoi s’abreuver. Ordinaire.

On délègue donc l’Élite pour prendre contact avec les méchants Anglais. Il revient vite avec un pichet puis nous scrutons le bar qui lentement s’anime pendant que nous nous abreuvons. Deux jeunes demoiselles se frottent intensément sur le dancefloor plutôt vide, rien à signaler. Puis viennent les rejoindre trois femmes, mi-trentaine, qui se déhanche avec aplomb, discipline de fer, tentant de battre le fer pendant qu’il est chaud, leurs corps tel un alliage. Ça valait tout l’or du monde.

Mine de rien, l’établissement se remplissait toujours plus alors que le volume de la musique atteignait lentement des niveaux stratosphériques. Les filles sont nombreuses, l’ambiance est spéciale, on se pogne les fesses avec entrain et peu de vergogne. Puis à un certain moment, une horde de douze shemales pénètrent dans le bar et on commence à trouver le tout un peu louche. Lentement, les choses tombent en place dans nos têtes, aussi brouillées soient-elles, nous sommes dans un bar de lesbienne.

Sans trop faire d’éclat, nous terminons nos verres en vitesse et retournons à l’hotel où sa Sweetness était retourné se coucher. Sur le chemin du retour, on discute de la situation fortement aberrante que nous avons vécue. Avec du recul, on réalise que là, comme ça, nous avons dû avoir l’air de gros vicieux pas très propres ou de jeunes un peu cons qui décident de se pointer dans un bar de lesbienne. On aurait dû allumer avec le triolet de trentenaire qui s’auto-frictionnaient l’entre-jambes ouvertement. Cela dit, après coup, on en a ri en tabarnac.

C’est donc un peu chaudailles et remplis d’anecdotes un peu louches que nous nous sommes endormis, remplis de hâte quant au match du lendemain.

On reconnecte plus tard pour le compte rendu du match comme le dirait le journaliste de cyberpresse moyen.

L’imperfection sexy de l’amour

23 octobre 2009
par letapageur

J’ai réalisé il y a un mois que ça ne serait pas parfait. Ça peut sembler anodin, ça l’est sans doute, mais disons que c’est une étape importante dans la vie de petit chérubin aux illusions multiples que je mène.

Parce qu’avant, je voyais ça gros, je rêvais ça titanesque. J’imaginais une fille à la beauté aussi sobre qu’infinie, à l’intelligence aussi subtile que vive. Je nous imaginais souper tranquillement, un peu de piano comme musique de fond, moi qui m’alimente au seul brasier de ses yeux brûlants. Nous discuterions philosophie, politique, littérature et musique en nous délectant de plats savoureux concoctés durant l’après-midi, verres de rouge à la main. Alors que la nourriture serait au four, nous ferions l’amour légèrement, jouissant juste à temps pour nous rhabiller en toute impunité, exaltés à l’idée de partager un repas.

Je m’imaginais regarder avec ma douce un film choisi le jour même au club vidéo, sélectionné en toute frivolité, nous laissant guider par notre curiosité toute pétillante. Une fois le générique défilant, de maïs soufflé repus, nous aurions été nous balader, admirer la ville de Québec toute scintillante une fois la nuit venue. De retour à la maison, près d’un feu crépitant légèrement, nous nous enlacerions chaque parcelle de peau jusqu’à tard dans la nuit. Le matin, lorsque je quitterais plus tôt, je griffonnerais un peu de Paul Éluard sur un bout de papier que je déposerais sur mon oreiller. Chaque minute passée seul serait vide.

Or je réalise bien que tout ça n’était que juvénile utopie et de plus en plus, c’est correct. Parce qu’au fond, à chercher ce genre de trucs irréalistes, ce ne sera que déception après déception. Et puis aussi parce que je réalise de plus en plus que ce n’est pas nécessairement là les assises d’une relation plaisante.

Alors maintenant que j’ai fait mon deuil de ce genre d’histoire, c’est un poids énorme que j’ai retiré de mes épaules. Tandis que l’avenir devenait de plus en plus sombre devant l’évidence énorme que je ne pourrais pas trouver quiconque correspondant à ce genre de critère, je suis aujourd’hui beaucoup plus optimiste.

Au final, je pense que je veux surtout quelqu’un d’intelligent et drôle, une fille charmante et simple. Auparavant fermé de façon systématique à la moindre anicroche par rapport au portrait ridicule que je m’étais dressé, j’ai maintenant une attitude pas mal plus ouverte. Et honnêtement, c’est vraiment plaisant.

Émerger

22 octobre 2009
par letapageur

La vie d’étudiant en est une banale. Des joies et peines liées à des examens, des tribulations toutes pédagogiques, un quotidien sinistrement académique. Je me sens impertinent avec mes anecdotes universitaires, le cours de mes jours est uniformément triste.

Je pourrais m’épivarder longuement sur la difficulté relative de la dernière semaine. Or ce serait d’une outrecuidance un peu crasse d’y voir quoi que ce soit de judicieux. J’ai l’impression de mener une vie un peu sans importance depuis quelques semaines, c’est un sentiment un peu difficile à combattre que celui de feeler comme un tas de marde.

Alors voilà, après un blitz d’examen, j’essaie lentement de faire un Jésus de moi alors que Marie de Magdala le prit pour un jardinier (ou toute autre métaphore trop longue de résurrection). Je tente lentement d’émerger de mon état d’irritation permanent (je hais officiellement le sirop Buckley et leur slogan publicitaire idiot ainsi que QUICONQUE qui crachent sa gomme dans un abreuvoir, oui oui). J’essaie aussi de me départir des multitudes assauts hormonaux qui caractérisent inlassablement mes périodes de stress. C’est un lent retour d’une vie ordinaire vers une vie banale.

CELA DIT, je vais à Ottawa avec cinq acolytes en fin de semaine et je suis plus excité que Franco Nuevo devant une bouteille de vin. Périple en train, deux nuitées à l’hôtel, quantité d’alcool zé de plaisirs. Nous serons à ras la glace pour le match Sénateurs-Oursons de samedi soir tandis que vendredi soir, nous risquons d’aller explorer les méandres de notre Capitale ou peut-être, qui sait, plonger au cœur de la violence, les gangs de rue, les putes pis toute TSÉ en allant dans le dark Gatineau. Cela dit, des suggestions, lecteurs potentiels de l’endroit??

Cours optionnel

18 octobre 2009
par letapageur

Université, lieu de culte du savoir, de la béatification des connaissances, là où génie rime avec hiérarchie. Les pavillons universitaires, véritables bâtiments du foisonnement intellectuel où multitudes d’étudiants sillonnent les bibliothèques, se gavant avidement de caféine afin de rester éveiller, pouvant ainsi nourrir un peu plus longtemps leur boulimie cérébrale. Mettons.

J’en mets, de toute évidence. N’en demeure pas moins que dans ma faculté, les gens bossent assez dur, lorsque je reste à l’université 10h passées, je ne suis pas le seul le nez dans ses livres. Les baccalauréats sont difficiles certes, mais quand nous arriverons sur le marché du travail, j’ai l’impression que nous serons prêts, que notre BAC n’est pas vain.

Après deux ans de cours à la faculté des sciences et de génie, seulement en actuariat, j’ai un premier cours à option qui me permet de côtoyer les genses d’une autre faculté, en l’occurrence celle d’administration. Désireux d’allier relative facilité et pertinence, j’avais choisi le cours de gestion des organisations, Management pour les initiés.

Ce matin, après six semaines de classe dont 2 avec un minimum de contenu, nous étions conviés à notre examen intra, valant pour 25% de ladite session. À mon étonnement le plus profond, le professeur avait annoncé il y a quelques semaines que l’évaluation serait faite à l’aide de questions disponibles sur le site du manuel du cours, questions à choix multiples ou V/F qui seraient reprises de façon intégrale dans l’examen. Fortement incrédule, j’ai passé 2 heures en tout cette semaine à regarder ces questions sur le site et trente minutes à réviser avec un ami étudiant hier. Honnêtement, avant ce matin, j’avais peine à croire que le test serait aussi ridicule.

C’est donc avec un peu d’appréhension que je me présentais là ce matin, redoutant que les questions aient été finalement modifiées, qu’il y ait une mega partie écrite non mentionnée par le prof, enfin, voyez. J’entre dans la salle d’examen où des étudiants en administration semblent un peu tendus, révisant nerveusement des feuilles de note qu’ils avaient pris soin de rédiger. J’ai pogné un petit stress : et si mes deux heures d’étude ne suffisaient pas?

Puis un peu passé 9 heures, le professeur ne s’en faisant guère avec l’horaire, la rigueur et tous ces concepts flous, commence à passer nonchalamment les copies alors qu’on parle encore en classe, copie dont plusieurs questions se trouvent en première page, bien à vue. Je suis interloqué comme Éric Salvail devant vagin. Finalement, je reçois ma copie et je réalise rapidement qu’en effet, les questions sont intégralement tirées du site web du manuel. Si la réponse était c) sur le site, c’est c) dans l’exam. Booya!

Ainsi, 17 minutes se sont écoulées entre le moment où j’ai reçu ma copie et celui où je l’ai déposé sur le bureau de l’enseignant, et je ne fus pas le plus rapide. Et malgré le temps de réalisation, ce sera un 90+. Sérieusement, je revenais chez moi et je capotais à bord de ma rutilante T-Mobile. Voilà maintenant 2 heures que je suis de retour et je n’en reviens pas vraiment encore.

J’avais des préjugés sur la crédibilité des BAC en administration, je l’admets tout de go. Or malgré tout jugement préalable, rien n’approche la réalité que j’ai entrevue ce matin. Tabarnac, sérieux. Quand l’examen te prend moins de minutes que la valeur qu’il a de la note finale, moi je dis que c’est aberrant. Vraiment aberrant.

Après ça, quand je vois la valeur de l’enseignement prodigué ailleurs, je comprends que certains soient contre la hausse des frais de scolarité.

Le syndrome des deux dents de sagesse

18 octobre 2009
par letapageur

Il y a de ces personnes qui sentent le besoin de surenchérir systématiquement à tout ce que vous dites. Il n’y a pas de bonheur ni de peine qu’ils n’aient pas vécu de façon plus grandiose. Ils répondent à grands coups de « Encore pire… » ou de « Mieux que ça ». Quand tu t’engages dans une discussion avec ce genre de personne, le résultat ne peut qu’être déplaisant.

J’appelle ça le syndrome du-gars-qui-se-fait-arracher-deux-dents-de-sagesse. Parce que si vous avez le malheur de ne vous faire retirer que deux de ces molaires, vous êtes cuits. Où que vous soyez, si vous vous aventurez à raconter vos mésaventures de joues gonflées et de douleur lancinante, il se trouvera invariablement quelqu’un qui jugera bon de spécifier que lui, c’est les quatre dents qu’il s’est fait extorquer. Et Dieu que c’était genre 1000 fois plus laborieux que vous.

Je crois qu’il n’existe pas de bonne solution. Au mieux, il faut identifier ces genses malsaines et éviter d’aborder tout sujet portant à la surenchère avec eux. À la longue, c’est un handicap relationnel.

Ça me fait penser à ce vieux truc que j’avais écrit. Ça résume pas mal : Ici.

La petite gêne

17 octobre 2009
par letapageur

Je suis jeune et fou, fatigué aussi, un peu, puisque vous le demandez, cher lectorat foisonnant. Fatigué de plusieurs journées qui s’éternisent, de leur poids et des prochaines semaines qui s’annoncent déplaisantes. Je suis jeune et fou donc. Je regarde le monde, les yeux grands, tentant de tout voir. Lentement, je me forge des opinions, j’observe et juge.

Il y a une tonne de sujets que je voudrais aborder ici. Dernièrement, j’ai été saisi de l’envie d’écrire sur les enragés du français qui ont si peur de l’anglais, de discuter du passage du taux d’alcoolémie maximal dans le sang de .08 à .05,  de discourir sur les municipales à venir. Or quand vient le temps de pianoter sur mon clavier, je fige.

Non pas que je n’ai guère d’opinion sur ces sujets. Dans mon quotidien, je suis plutôt volubile lorsque vient le temps d’en traiter, confrontant mon entourage avec verve et plaisir. Mais ici, niet.

C’est que les internets recèlent de tout ces gens brillants qui écrivent et discutent de ces choses. Je les lis, eux et leurs références, eux et leurs tons assurés, eux et leurs idées bien figées qui semblent si fondées, eux et leurs intransigeances. Je les lis et je suis intimidé. Parce que du haut de mes 21 ans, je prends de plus en plus conscience de mon ignorance. Alors qu’à 18 ou 19 ans, j’avais toute l’insolence de l’adolescent autoproclamé érudit, je suis aujourd’hui bien plus conscient de mon sort.

Depuis que je suis vraiment plus lucide quant à mes actions, mes pensées, désirs et autres, depuis peut-être l’âge de 7 ans donc, lorsque j’évalue ma personne de façon rétroactive, je me trouve foncièrement con. À 19 ans, j’avais l’impression d’avoir été plutôt stupide à 17 ans. Aujourd’hui, je considère que j’étais plutôt ignorant à 19 ans. Probable que dans deux ans, je considèrerais le garçon qui écrit ces lignes comme un insolent de première.

J’ai de la difficulté à jauger la signification de ces impressions périodiques. Du côté sombre, peut-être est-ce là la confirmation que je suis assez idiot. Dans le positif, probable que ça soit plutôt la preuve que j’évolue d’une certaine façon. Ce doute, ce dilemme d’interprétation a au moins le luxe d’avoir quelque peu atténué l’arrogance qui me caractérisait. Puisse-t-il toujours en être ainsi.

Ainsi, lorsque je tente d’évaluer l’intérêt ou la crédibilité de mon opinion, je suis plutôt conservateur. Lorsqu’il me prend l’envie de discuter de ces enjeux de société, il y a cette barrière qui me rattrape rapidement. Alors, je garde tout ça pour moi, mes revendications tapies au fond de moi.

Et puis, disons-le aussi, il y a cette peur du jugement d’autrui, le poids du joug de l’évaluation de parfaits inconnus sur le web, quelque chose que je m’explique mal ressentir. Mais ça, ce sera pour une autre fois. Parce que je suis fatigué, remember?

À travers les âges

14 octobre 2009
par letapageur

Ça devient de plus en plus courant, on en parle sur les perrons d’église, dans les magazines de matantes, dans les chaumières et s’il y avait des gens qui lisait ici, on en parlerait aussi : les gens copulent et se fréquentent entre tranches d’âge de plus en plus disparates.

Que ce soit les dames d’expérience, les cougars, qui réussissent à s’accoupler avec de jeunes verts non déçus d’avoir du sexe avec des MILF ou des hommes aux cheveux poivre et sel pour qui la fontaine de jouvence se trouveraient dans le nectar de nymphettes, force est d’admettre que le phénomène prend de l’expansion.

Or tout ça n’est pas d’hier. Déjà au secondaire rodait pléiade de ces chasseurs à la recherche de vierge proie facile. Ils arrivaient avec leurs biceps mous et leurs camisoles défraichies au volant de bazous bruyants et rouillés. Ils repéraient aisément leur public cible, les filles un peu plus moches du lycée, et ils se faisaient aller le pinch en se gargarisant d’anecdotes de brosses épiques. Et les petites filles, impressionnées de prendre contact avec des hommes si matures (sic), n’hésitaient pas à engloutir lampées de gamètes pour se faire dire qu’elles étaient aimées.

Le tout semble s’accentuer avec le temps. Il est désormais commun de voir des couples profiter à la fois du rabais étudiant et de celui de l’âge d’or au cinéma, économisant ainsi le 6$ nécessaire pour acheter un petit pop corn et une moyenne liqueur. Et puis peut-être qu’après le référendum de l’association étudiante de mon école, ils pourront prendre la bus gratuitement ensemble dans Québec, how romantic!

Alors qu’à une époque, Nabokov choquait avec son voluptueux Lolita où l’auteur russe narrait l’histoire d’un homme d’âge mûr qui fréquentait une nymphette de 12 ans, Beigbeder publiait il y a quelques années à peine Au secours pardon où il fait l’apologie du sexe avec des gamines, où il se réclame avec véhémence du droit de coucher avec quiconque si le consentement y est. Tout ça n’a pas créé de réels remous. Signe des temps.

Je ne voudrais pas non plus devenir un de ces moralistes qui déchirent leurs chemises à tout vent, loin de moi l’idée de devenir un paneliste pour Québecor, des plans pour me faire caricaturer par le DGE.  N’empêche que j’aime bien croire qu’il est souvent plus sain de s’en tenir aux gens avec qui les affinités sont nombreuses et ça implique souvent l’âge. Cela dit, rien ne vous empêche de marier votre manager à dos de chameau et être heureux, mais…

Le phénomène est courant chez les « vedettes ». On a qu’à penser à Claude Dubois qui vient de devenir père à 60 ans, Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones, Bruce Willis et sa fraiche concubine, les exemples sont aussi nombreux que les mentons de Jacques Demers.

Si le tout est commun dans le star système, ce qui est parfois explicable, il se répand de plus en plus dans la population et je peine cependant à cerner le fondement de tout ça. Il y a certainement des petites filles à la recherche d’un père, des hommes qui n’ont pas vécu leurs jeunesses et plein d’autres lubies que Freud aurait élaborées entre deux lignes de poudre.

Mais il y a aussi quelque chose qui pour moi demeure inexpliqué. Parce qu’aussi sot que je puisse être, une relation implique d’avoir éventuellement des enfants ou bien de vieillir ensemble, vieux, séniles et heureux. Je me vois bien plus changer les couches de mes enfants que celles de ma compagne.

Cela dit, il est malgré tout possible d’avoir des relations viables en dépit des différences d’âge. Cet été, alors que je faisais du trekking avec quelques amis, en l’occurrence le Chef, le Philosophe et le Nouveau, nous avons croisé un couple assez âgé qui arpentait la montagne avec entrain. Tout en verbe, nous entreprenons la conversation.

De fil en aiguille, dans une discussion cousue de fil blanc, le vieil homme me tisse le récit de sa vie, brode le tout d’anecdotes, et ça sans filer de mauvais coton ou faire dans la dentelle. Entre les branches, je comprends qu’ils ont quitté la Belgique il y a 50 ans, à une époque où ils avaient 35 et 15 ans. De toute évidence, ils avaient fui le jugement, fui l’assassine sentence sociale de leurs contemporains. Ce genre de relation empruntant au médiéval avait tout de l’échec imminent. Et pourtant, je les croisais, 50 ans plus tard, visiblement encore amoureux et complices. Ça m’a quand même secoué.

Il n’y a donc pas de vérité universelle. Bien sur, on peut tenter de modéliser la situation. La gigantesque équipe de recherche d’Involontairement Cannibal constituée de 15 mexicains sous payés s’est attelé à la tâche, arpentant le world wide web, faisant rouler kyrielle de programmes informatiques, prospectant sans relâche pour obtenir une formule potable. Dans le meilleur des cas, aux confins des internets, Pedro, un recherchiste affectionnant la tequila, a débusqué une tentative de modèle:

Âge minimum du concubin : n/2 +7,      où n=âge du protagoniste

De toute évidence, même la all migthy Toile échoue, au grand damne des jeunes et moins jeunes. Être prépubère et rempli d’illusion, je vous parlerais d’amour avec un grand A pis toute comme moteur décisionnel de vos relations. Mais étant un de ces salauds au cœur froid, je parlerai plutôt de raison.

Puisqu’il est difficile d’écrire conclusion sans moraliser, je serai minimaliste dans celle-ci. Nul besoin de chercher les artifices, de s’introduire dans des relations louches pour des raisons bizarres. Sondez votre cœur d’adolescent idéaliste et ainsi, l’inorthodoxe n’en sera que plus beau.

Parce que oui, dans le fond, je suis un romantique dégueulasse.

Perdre ses exclusivités

13 octobre 2009
par letapageur

Il y a de ces bands, de ces auteurs plutôt méconnus que je chéris jalousement. Ils sont underground et ont un rayonnement aussi sectoriel que limité. Et moi je les consomme, content de posséder ces petits secrets artistiques.

Bien sur, j’en parle abondamment à mon entourage, content de pouvoir prêcher la bonne nouvelle. J’essaie d’être incitatif un max mais je pense qu’auprès de plusieurs, je suis aussi crédible que Peter Macleod l’est comme comédien. Alors je peux continuer à apprécier ces contrairement tout seul dans mon coin.

Contrairement à ce que certains de mes amis disciples de Kanye West ou tripeux de John Grisham peuvent penser, j’ai parfois suffisamment de goût pour que mes quelques trésors cachés percent au grand jour.

Or quand ça arrive, ça me fait plutôt chier. Je trouve ça dommage. Je devrais me réjouir que cette personne réussisse à percer, d’autant plus que je la considère talentueuse. Mais voilà, je trouve ça dommage de perdre ce sentiment d’exclusivité et, de surcroît, je me sens cheap de ne pas être content pour l’artiste.

Et puis si j’arrive à la librairie pour me procurer le dernier bouquin d’un auteur qui vient de passer à Tout le monde en parle, j’ai l’impression d’être un suiveux. Même si je possède 7 autres romans de l’écrivain en question, je ne peux m’empêcher de me dire que la sexy vendeuse me percevra comme ce jeunot qui tripe sur les mêmes ouvrages que feu-le-gars-drôle-de-RBO. Et ça, c’est insupportable. Oui oui.

Les tourments de la banalité

12 octobre 2009
par letapageur

Je m’ennuie, la banalité de mon quotidien me hante et me turlupine, le carnassier carcan qui m’empêtre me rend morose et aigri, une bien triste combinaison pour un si jeune garçon.

Mes journées sont aussi remplies que vides, c’est le paradoxe journalier qui m’afflige. J’accumule les obligations tant lourdes que déplaisantes, mon fardeau n’en est que plus pesant puisqu’imposé par ma triste personne. Le fait d’être le seul artisan de mon malheur le magnifie.

Quand tout devient lourd, il y a toutes ces vies, toutes celles que je n’aurai pas, elles me lancinent.

Je pourrais travailler dans une usine de nuit, vivre seul dans un trois et demi où s’entasseraient des dizaines de livres achetés à la bouquinerie du coin. Je reviendrais à 6h am, m’installerais sur mon balcon vêtu d’une petite laine pour combattre le froid matinal, profitant de l’air frais où baigne l’arôme frais caractéristique de la rosée, je m’étendrais sur un hamac, avec une petite bière et piquerais un somme en l’honneur du nouveau jour qui se lèverait. Je n’aurais guère de tracas, paisible.

Ou je pourrais être un étudiant en littérature faussement trendy, la couette frivole, le paletot mince et abimé, planchant sur un sempiternel premier roman. Je me vois remettre des travaux écrits la veille de la date de remise un verre de scotch à la main, manuscrits d’une calligraphie nervurée et excessive, me donnant un air tourmenté. J’aurais un sens de la répartie savoureux, tentant de séduire en citant d’obscurs auteurs, entretenant plusieurs relations libérales avec des filles aux pommettes saillantes et aux seins fermes.

Ou je pourrais être un activiste passionné arpentant congrès et colloques. J’aurais les cheveux en broussailles, les lunettes constamment sales et le front strié lorsque je me lancerais dans des envolées vindicatives. Je sonderais internet jusqu’à tard dans la nuit, me gavant de café noir en préparant divers communiqués. Je serais enflammé, mû d’idéaux séduisants, j’aurais une quête.

Ou je voyagerais autour du globe, découvrant multitude de cultures, rencontrant des gens formidables et affables. J’accumulerais les anecdotes et expériences, le cœur aussi léger que mon pack-sac. J’aurais des amis chers sur les cinq continents, nous nous écririons de longs emails pour se raconter mutuellement et cela nous importerait. J’essaierais de tout voir, repu de vivre une utopie.

Ou je pourrais aussi avoir quelque chose qui m’importerait dans me vie. Juste comme ça.