Le tapageur, ce trésorier coquin

Je ne me suis jamais impliqué dans quoi que ce soit avant cette année. Mis à part peut-être cette fois, secondaire 5, cours d’économie avec une prof qui a inscrit dans mon album de finissant que j’étais « celui que l’on veut tous comme fils », j’avais décidé de poser ma candidature pour être le représentant de classe. Je me disais que ça serait cocasse et inusité et qu’il s’agirait peut-être là d’une expérience le fun. Malheureusement, la majorité a décidé que je n’étais pas celui que l’on veut tous comme représentant.

Si bien que je me suis toujours tenu loin des conseils étudiants, exécutif estudiantin ou autres trucs qui se placent si bien dans une candidature pour entrer en médecine. J’observais les gens aller et cultivais les préjugés comme Claude Dubois cultive le mépris.

Puis cette année, après une léthargie de 21 ans, j’ai décidé de prendre partie prenante dans la vie collective. C’est à la surprise de mon entourage que le tout en flegme que je suis a décidé de s’impliquer dans l’exubérant festival étudiant qui a lieu annuellement dans la faculté. Homme de chiffre et de rigueur, je suis le trésorier de ladite festivité qui, ma foi, brasse de substantielles sommes.

C’est donc depuis le début de l’année que l’exécutif se rencontre et planifie le Festival mythique à venir. Je dois avouer que j’appréhendais le premier meeting. Je m’imaginais avec clarté un groupuscule de gens mus par une motivation enragée, se caressant la génitalité avec une vigueur soutenue, excités à l’idée seule d’entériner un ordre du jour. Ils étaient là, dans ma tête, à vouloir trouver des moyens saugrenus pour détourner de façon malsaine les cotisations des étudiants afin de s’acheter sans vergogne quantité de ponchos et multitude de sachets de thé vert.

Évidemment, il n’en est rien. Il s’agit plutôt d’un groupe de gens pragmatiques et motivés en plus d’être allumés. Je me surprends à aimer mon implication. J’ai pris plaisir à monter mon budget, j’ai hâte au Festival, fin janvier. J’abats de la besogne et j’ai l’impression d’être utile, un sentiment que je ressens trop rarement.

Alors voilà, je suis un gamin qui a du plaisir. Je suis toujours mitigé lorsque je découvre sur le RELATIF tard des plaisirs que j’ignorais ou boudais jusque-là. Je trouve ça exaltant de pouvoir garnir ma vie parfois trop terne d’un amusement supplémentaire, mais je me sens un peu idiot de ne pas l’avoir découvert avant. Jamais capable d’être entièrement content le gars.

9 Commentaires

Classé dans Anecdotes, Banalité

9 réponses à Le tapageur, ce trésorier coquin

  1. C’est toujours très satisfaisant de s’impliquer autre que juste dans les cours, effectivement. Je suis moi-même vice-présidente aux Communications de ma faculté, et j’ai beaucoup de responsabilités, mais j’en tire aussi beaucoup de fierté et de plaisir. C’est le genre de truc, oui, que tu mets dans un CV, mais surtout que tu te souviens des années plus tard, je crois bien.

    Ce sera à voir dans 20 ans, justement, non ?

  2. Ben vaut mieux tard que jamais non ?
    Et ça te fera de l’expérience quand muni de 3-4 gamins sportifs tu devras faire du financement lol
    Tu liras mon dernier billet “du financement gnangnan ”
    Au fai, tu étudies en quoi ?

  3. letapageur

    Globulle: Vrai pour la fierté. À la fin d’une journée, pour ma part, quand j,ai compter de l’argent jusqu’à 3h30 du matin, que les choses ont été rondement, que j’ai été sollicité et que ça a fonctionné, je suis pas mal fier/content. Et pour les souvenirs, c’est vrai que ça en sera des biens.

    Éléonore: Je vais effectivement aller lire ce billet. Sinon, j’étudie en actuariat, c’est drole je songe écrire sur ça ce soir, justement.

  4. Un gars

    Je suis étonné que tu ignorais que l’humain est un être social et que de faire partie d’une meute, et d’y avoir un statut donne un sens à sa vie, soudainement l’égo se gonfle.
    L’homme me fascine par son besoin de créer quelque chose en dehors de lui, genre un festival, et au nom de ce concept, l’hommerie opère.

    Tant mieux si tu te sens utile, je n’ai rien contre cela et amuse toi bien dans la préparation de ce projet, il y a beaucoup a y apprendre et dans CV, ça parait bien.

  5. letapageur

    Gars: Sans l’ignorer, j’ai toujours trouvé bien des implications puériles ou inutiles. Maintenant, j’ai de la difficulté à cerner le concept de bâtir quelque chose “en dehors de soi”. Chaque réalisation fait en quelque sorte partie de nous, dans le cas du festival, j’y participe aussi. Je ne cerne pas trop la scission entre les deux.

  6. Un gars

    En dehors de soi, c’est la religion, création des hommes et qui tuent afin de protéger sa création.
    C’est la création d’un organisme, et ensuite, pour préserver cette entité, ils font des mises à pieds massive, etc, etc.
    C’est le sentiment de prestige associé à participer à quelque chose. Ainsi les employés du Cirque du soleil, porte le blouson fièrement.

    Tu ne peux pas t’en laver les mains et dire que c’est puéril, tu es entrain de faire ta niche dans des sous-masses de cette grosse masse collective. C’est comme baiser sans s’engager.
    Ce n’est pas un reproche, c’est un constat.
    Tu dis que la meute à laquelle tu participes est allumé, sur quoi en fait et comment? La brillance n’est pas universel. Je débarquerais, avec 2-3 chums de la rue lors d’une de vos réunions, on vous trouverait peut-être pas si allumé que ça et peut être même qu’on rigolerait de vous et de vos façons de faire, un peu comme Un gars installé devant la télé pour écouter ces femmes qui se croient si allumées à La fosse aux lionnes.

    Je ne veux pas briser ton plaisir, tu prends la peine d’en faire un billet pour dire que ça te fait du bien. Tant mieux pour toi, sincèrement.
    Quel est mon but en écrivant ce genre de connerie?
    Ben tu te dis intéressé à lire le billet d’Éléonore sur le financement, je te suggère de lire aussi celui qu’elle a écrit sur l’amour. Il rejoint ce que je tente d’exprimer dans mes réponses au présent billet.

  7. Globulle

    C’est drôle, Un Gars, on ressent une certaine animosité de ta part à l’égard de tous les rassemblements collectifs. Bon, celui-ci a de ce qu’il est étudiant, et sa portée est de servir aux étudiants. Mais il y a aussi les organisations à portée plus altruiste. Les ONG. Les ligues de défense de toutes sortes : les syndicats, les groupes environnementalistes, les défendeurs des droits de la personne, des militants pro-vie ou pro-choix, des conservateurs de musique, d’art, de sites historiques, des protecteurs des moustiques assassinés par crainte du Virus du Nil, des amateurs de Star Trek.
    Ce que j’essaie de dire, c’est qu’on dirait que les Québécois, nous sommes bons pour railler les autres qui essaient de changer les choses, ou qui militent pour ce qui semble important pour eux. Que ce soit aussi simple qu’un groupe étudiant. Comme si, en dehors de notre petite personne, plus rien n’avait de sens. Chacun dans son jardin et tant pis si l’herbe du voisin est plus verte, ou si le champ en arrière est en train de brûler.
    La brillance n’est pas universelle, non. En effet. il est facile de rire de ceux qui se regroupent par un souci autre queleur propre presonne. Mais les idiots ne sont pas universels non plus. (Bien qu’ils semblent avoir le grand bout du bâton dans à peu près toutes les sphères sociales, je l’accord.) C’est aux organisations, justement de tirer l’autre morceau du bâton.. Je trouve très minimisateur et simpliste de résumer que tous les rassemblements sociaux sont vains.
    Peut-être cette animosité de ta part viendra-t elle d’une absence d’appartenance à ces regroupements de toute sorte ? La vie conserverait-elle tout son sens, en l’absence de travail d’équipe, même si cela servirait à défendre des concepts aussi abstraits que la démocratie, la polygamie, l’anarchie ou l’ataraxie ?

  8. Un gars

    Intéressant Globulle, très, je vais prendre un peu de temps pour me situer et clarifier ma pensée pour t’écrire une réponse aussi intéressante que la tienne.
    Mais tu as raison pour l’animosité à l’égard des rassemblements, c’est clair, je me fais souvent bannir d’ailleurs.

  9. Un gars

    Globulle je relève deux choses, il serait possible d’en relevé plusieurs.
    Railler et le sens de la vie.

    Railler…
    Ma réponse, ici dans ce billet et dans bien d’autres d’ailleurs, peut être perçue comme de la raillerie teintée d’animosité. Je crois d’ailleurs que je porte l’étiquette de Troll dans la petite blogosphère que j’ai fréquenté . C’est correct, j’accepte de vivre avec ça.
    Il aurait été préférable de répondre…wow super…une partie de ma réponse le disait, à ma façon.

    Tu dis…
    on dirait que les Québécois, nous sommes bons pour railler les autres qui essaient de changer les choses, ou qui militent pour ce qui semble important pour eux.

    Je dirais…
    on dirait que les québécois sont susceptibles et aime le consensus tranquille.

    De petit consensus plutôt aimables et superficiels. Miroir, miroir, dis moi qui est la plus belle ? Mais c’est vous ma chère. En dehors de cela, tu n’es qu’un troll ou encore point de…
    Tu peux lire ce billet ici
    http://chroniquesdungars.blogspot.com/2009/11/miroir-miroir-dis-moi.html

    Pour le sens de la vie….
    Les fourmis participent à un groupe aussi , ce qui les distinguent des humains, c’est seulement le discours. Moi le discours, c’est comme la musique, souvent ce n’est que du violon.

    Je n’interviens presque plus dans la blogosphère parce qu’il n’y a peu de place ou il est possible de parler du discours.

    Je crois que Letapageur a une certaine ouverture, c’est pourquoi je me risque, mais peut-être pas aussi. On verra bien à l’usage.

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