Se prêter aux entremetteurs
Jusqu’à dernièrement, mis à part peut-être une écartade frivole, j’avais toujours refusé assez catégoriquement de me prêter à toute séance de matchage des multiples conconcteux d’amourettes qui pullulent dans mon entourage. Je trouvais ça un peu puéril, je puais le scepticisme, j’étais assez grand pour faire ça tout seul.
Puis lentement, les vagues régulières de la solitude sont venues éroder mon rocher d’orgueil pourtant imposant. La marée se faisant de plus en plus haute, je suis désormais enclin à vouloir agripper les bouées que lanceraient des mains bien intentionnées.
Ce n’est donc plus avec dilettantisme que je tends l’oreille lorsque, pour une dixième (centième?) fois, on prétend connaitre quelqu’un d’IDÉAL pour ma pauvre et seule personne. J’écoute désormais avec un peu plus qu’une froide politesse. Je suis rempli d’une bonne foi toute naïve et je me prête au jeu avec un entrain bon enfant.
Sauf que jusqu’à présent, le terme déception ferait figure d’euphémisme. Je pense faire preuve d’une ouverture qui, dans ce domaine, ne m’est pas caractéristique. Or à chaque fois, je me suis retrouvé face à face avec quelqu’un qui n’avait visiblement rien en commun avec moi. Ou avec une fille foncièrement laide. Comprenez-moi, je n’ai pas une évaluation dithyrambique de ma personne tant au plan intellectuel que physique, elle est moyenne et je pense qu’elle est assez juste. Malgré ça, à deux reprises jusqu’à maintenant, c’était malaisant. Autant pour moi que pour elles.
Je me questionne sur l’évaluation que mon entourage fait de moi. De quoi troubler mon frêle esprit.
Je pense que le problème, c’est qu’un peu tout le monde se dit : « Hugo est seul, je connais quelqu’un qui est seule, sacrament qu’ils iraient bien ensemble, ils ont ça en commun ! ». Comme si en annonçant que j’étais game de me prêter au jeu des entremetteurs, je venais d’annoncer que je renonçais à tous critères et que j’étais désormais prédisposé à fréquenter quiconque. Je suis assez à l’aise avec moi pour ne pas en être là.
Je ne sais pas trop après combien d’essai infructueux je pourrais conclure qu’il ne s’agit pas là d’une voie gagnante, mais disons que mes espoirs s’amenuisent. Sinon, c’est quoi ensuite? Les sites de rencontre? Disons que mon rocher d’orgueil aura besoin d’être érodé encore en tabarnac.
Je ne sais trop quoi dire. Je trouve que c’est un beau sujet.
J’ai fait une seule rencontre à l’aveugle. Elle fut heureuse, bon ce n’était pas le match parfait mais j’ai bien aimé la connaitre. La conversation autour d’un café fut agréable, on s’est revu pour un souper avec des amis, et ce fut une belle soirée.
Il n’y a rien eu d’autre mais ce fut bien quand même, pour les deux je crois.
Je recommencerais surement, si je cherchais, mais je me demande pourquoi ce tête à tête? Pourquoi pas plutôt une rencontre avec les amis et la prétendante présente à la soirée. J’aimerais mieux cette formule. Elle me semble plus soft.
Mais en même temps, je comprends, les amis en couple cherche à matcher pis c’est la formule de mise.
Tu vas me trouvez bizarre, et je le suis, reste que ce genre de formule me semble stéréotypée et repose sur des couples en couple qui veulent former des couples comme leur couple. Alors j’imagine que ceux qui te propose cela sont en couple et un peu enlisés dans un mode de vie usité et déjà visité à multe reprises, d’ou, au bout, le sentiment d’échec, de mismatch, ce qui n’est pas nécessairement vrai.
Ma réserve, elle est là et non dans l’aventure, le risque, le stress d’une rencontre à l’aveugle. Est ce que mon propos est clair? Pas certain!!!
Je trouve ça presqu’un peu moins hypocrite les tête à tête que les grosses rencontres communes peu subtile. Parce que trop souvent, je suis la seule personne qui n’a pas été avisée et après coup, quand on me demande « Pis, pis, elle était comment? », je me sens comme un rat de laboratoire qui a été utilisé à son insu.
Sinon, le fait que les gens essaient de former des couples comme les leurs fait un certain sens. Ça donne une nouvelle optique à ma façon de voir le tout.