Vendredi midi, après un avant-midi plutôt morose au boulot et plus de deux mois d’attente aussi insoutenable que l’équipe d’analyse hockey de RDS, nous partions, moi et 3 acolytes, en train en direction d’Ottawa afin d’assister au match entre les Sénateurs du Ottawa et les Oursons du Boston à ScotiaBank Place.
C’est avec l’excitation typique d’un duveteux tout prépubère que je m’apprêtais à prendre le train pour la première fois. De grande taille, j’ai toujours détesté l’autobus et je craignais que l’habitacle du train soit aussi exigu que la modestie de Régis Labeaume. Fort heureusement, c’est exultant que je découvre que nous somme assignés à une large banquette où nous sommes assis tous ensemble tout en disposant d’une table entre nous. C’est pareil comme dans Maurice Richard le film et je suis fucking Boutch Bouchard.
Cela dit, je suis malgré tout déçu par l’accès internet promis pompeusement sur le site de Via Rail et qui est inexistant. Je noie donc ma peine à l’aide du rhum and Coke que je me suis judicieusement concocté dans le stationnement de la gare et pendant que mes amis peu subtils se font avertir qu’ils sont HORS LA LOI avec leurs bières, je sirote mon doux breuvage en sillonnant les contrées pittoresques du Québec.
Après un arrêt à la gare de Montréal où je vais me prendre un refill de Coke au McDonald d’un pas fort chancelant, l’Élite, un ami de Montréal, se joint déjà au groupe formé de votre humble serviteur, du Vieux, du Kid et de Sa Sweetness. Ne manque plus que le Boutch qui viendra se greffer à l’ensemble le samedi.
Puis finalement, après environ 5h30 de voyage ferroviaire, on pénètre dans la grise Capitale. Une fois à l’hôtel, nous concentrons nos énergies à trouver un buffet all you can eat en tant que jeunes fortement constitués qui désirent de ravitailler correctement. Faute de choix, nous nous retrouvons au Tucker’s où un diminutif buffet nous est offert pour la substantielle somme de 20 bidous +. Après avoir englouti quantités d’assiettes constituées des 2-3 seuls bons éléments offerts, élégance et retenue en sus, on règle la facture où le tip a déjà été inclus, un concept que je trouve profondément con. D’autant plus qu’on ne sait pas vraiment si c’est tout inclus ou si le serveur s’attend à recevoir plus d’oseille.
Repus et encore un peu enivrés, nous décidons de sonder Ottawa downtown à la recherche d’un lieu pour continuer à boire éhontément. Le Kid, fringant et tout jeune, est rapidement attiré par un bar qui offre jeu de lumière et musique externe, tout pour accrocher son œil vif de vigoureux enfant. Sans trop attendre, nous pénétrons dans l’établissement.
Accueillis par une musique ridiculement assourdissante compte tenu du plus que faible achalandage de la place, nous décidons malgré tout de prendre place sur les quelques chaises positionnés en retrait. Après peu de temps, un serveur au gilet moulant et pectoraux en forme de banane vient s’enquérir de notre situation et demande à voir nos I.D., quelque chose qu’on fera constamment à notre endroit durant notre séjour même si j’ai la maturité d’au moins 32 ans TSÉ. Après avoir vérifié que nous avions tous l’âge de boire, il s’en va sans nous demander si, justement, nous voulions de quoi s’abreuver. Ordinaire.
On délègue donc l’Élite pour prendre contact avec les méchants Anglais. Il revient vite avec un pichet puis nous scrutons le bar qui lentement s’anime pendant que nous nous abreuvons. Deux jeunes demoiselles se frottent intensément sur le dancefloor plutôt vide, rien à signaler. Puis viennent les rejoindre trois femmes, mi-trentaine, qui se déhanche avec aplomb, discipline de fer, tentant de battre le fer pendant qu’il est chaud, leurs corps tel un alliage. Ça valait tout l’or du monde.
Mine de rien, l’établissement se remplissait toujours plus alors que le volume de la musique atteignait lentement des niveaux stratosphériques. Les filles sont nombreuses, l’ambiance est spéciale, on se pogne les fesses avec entrain et peu de vergogne. Puis à un certain moment, une horde de douze shemales pénètrent dans le bar et on commence à trouver le tout un peu louche. Lentement, les choses tombent en place dans nos têtes, aussi brouillées soient-elles, nous sommes dans un bar de lesbienne.
Sans trop faire d’éclat, nous terminons nos verres en vitesse et retournons à l’hotel où sa Sweetness était retourné se coucher. Sur le chemin du retour, on discute de la situation fortement aberrante que nous avons vécue. Avec du recul, on réalise que là, comme ça, nous avons dû avoir l’air de gros vicieux pas très propres ou de jeunes un peu cons qui décident de se pointer dans un bar de lesbienne. On aurait dû allumer avec le triolet de trentenaire qui s’auto-frictionnaient l’entre-jambes ouvertement. Cela dit, après coup, on en a ri en tabarnac.
C’est donc un peu chaudailles et remplis d’anecdotes un peu louches que nous nous sommes endormis, remplis de hâte quant au match du lendemain.
On reconnecte plus tard pour le compte rendu du match comme le dirait le journaliste de cyberpresse moyen.
ahah c’est un moment de pur amusement lire ce billet là, sincèrement!
héhé, il est arrivé un truc du genre à mon fiston en France en mai, invité par une vague connaissance francaise, ils se sont retrouvés les 3 jeunes québécois naifs et fortement hétéro (lol), dans un bar gay, coincés au comptoir entre un noir bien barraqué mais plutôt sympa et le mur !
Volage: Merci bien j’imagine.
Éléonore: C’est toujours les gens un peu naïfs qui se retrouvent dans ce genre de situation j’imagine.
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