Je suis quelqu’un d’arrogant, le type un peu connard et détestable, avec une carapace ferme, mais si tendre à l’intérieur (yeah yeah). Je suis le déplaisant qui accroche sur les petites erreurs factuelles, ne laissant guère de répit à quiconque, croyant bon de rectifier le tir pour des choses ridiculement anodines.
Je suis le vil serpent qui a tôt fait de rationaliser les joies et peine d’autrui, un éteignoir un peu moche. Je me ris ouvertement des angoisses quotidiennes de chacun, toujours un peu froid devant les sursauts émotifs d’autrui. Je suis peut-être même suffisant, enfin, voyez le portrait.
Alors lorsque je commets des ratés, bévues quelconques, ou quand je me surprends à douter, à tergiverser, les appuis sont rares. Au contraire, il y a une petite joie de bonne guerre chez mes amis que je ne ménage guère. On dénote mes erreurs avec grande insistance, triomphant de voir ce petit salaud trébucher un peu, comme tout le monde dans le fond.
Or dernièrement, ça a commencé à devenir plus lourd, comme si tout devenait une compétition, constamment. Je considère être grand artisan de cette situation, de par mon attitude perçue comme hautaine et suffisante. Fair enough.
Alors, j’essaie de changer les choses, subtilement. Je me retiens souvent, garde panoplie de remarques TELLEMENT pertinentes dans mon for intérieur, tentant de me fondre à la masse plutôt que de la scinder.
Je me risque aux compliments faciles et ennuyeux, qui ont si peu de valeur à mes yeux, mais qui généralement font sourire bien des gens (how’s that for some suffisance saint esti). La réaction première est de douter de ma sincérité, pour vrai. Je suis étiqueté manipulateur, calculateur. Et ça, pourtant, je me défends bien de l’être.
Semblerait que je sois dans un cercle vicieux, incapable de changer l’image qu’on m’a accolée. J’ignore combien de temps pareil processus peut prendre ni même s’il est réaliste. Peut-être que la seule façon de faire des gains, c’est d’appliquer cette nouvelle attitude avec quiconque je rencontrerai jusqu’à noyer ces masses grouillantes de gens qui refusent de croire, ces Thomas aveugles là.
L’alcool règle tous les problèmes.
Un des plus importants moments priceless de ma vie est quand j’ai revu mon vieux chum Bill dernièrement. C’est le genre de gars avec qui on développe ces petites manies, encore jeune, avec qui on le fait dans un souci naïf mais quasi-conscient d’auto-actualisation (OH MY! j’ai traduit self-improvement, there you go langue française). Parce que, tels des chiots qui s’arrachent les pattes à grandes morsures de dents de lait, c’est pour notre bien qu’on joue de la sorte.
La partie priceless est arrivée lorsque, normalement, j’aurais pris la peine de me contortionner après une remarque FORT pertinente pour expliquer son bien fondé, ses bonnes intentions et tout son caetera.
Eh bien Bill avait déjà renchérit d’une remarque sur la remarque et sur la situation et n’avait aucunement besoin d’explications et de caetera. La réalisation que c’était naturel et bienveillant pour lui aussi, que rien n’avait à être ajouté que des sourires, m’a laissé bouche-bée et ému. Ça aussi, je savais que je n’avais nul besoin de même le mentionner. Et ça n’a pas de prix.
parles du de la fois que tu disais talismannnnne au lieu de talisman ???
Same shit pour moi, quand les gens ont su que j’avais une blonde, que je m’était trouvé un domaine d’étude et que je m’étais acheter un char… Le peuple n’en croyait rien… Pourtant, c’est bien vrai, p-e qu’avec le temps ont change… Mais pas beaucoup. Mais j’ai peur de redevenir comme avant et d’être angoissé par l’avenir.
On s’en caliss, j’essaie maintenant de vivre au jour le jour.