Dans un monde où l’on tisse une multitude de liens, où il est nécessaire d’interagir avec son entourage immédiat, où des rapports de diverses natures s’établissent entre des personnes qui se côtoient, dans un monde où on débute nos textes avec une diarrhée de banalités, les subtilités de ces relations interpersonnelles fascinent (boom, autre généralité).
Sans plus de subtils préambules, prouesses littéraires et miracles rédactionnels, j’entrerai dans le vif du sujet : l’inégalité relationnelle. Je le ferai gaiement, en saupoudrant le tout d’une bonne dose de généralisation, faisant fi ici des concepts de rigueur, de sobriété pis ces affaires-là.
Mise en situation. [Insérez un effet sonore trendy et électrisant].
Vous occupez un emploi depuis peu. Volubile, vous faites rapidement connaissance du personnel en place, distribuant les poignées de main et embrassant les bébés avec vigueur, désireux de faire bonne impression. Inévitablement, dans ce grandiose procédé social, vous prenez contact avec ce que vous ignorez alors être une personne malheureusement carencée socialement.
Et là première chose que vous savez, vous n’êtes plus capable de manger tranquillement dans la salle de pause en lisant un Djian sans qu’il vous interrompe pour vous montrer des photos de son baptême ou pour vous parlez de sa circoncision récente. Et par politesse, vous laissez le déséquilibre s’immiscer, lentement.
Pour vous, il s’agit d’un collègue de travail tant sympathique que particulier, pour lui, vous êtes un ami proche et important. Jamais aisé de gérer pareil situation. Tenter d’être autant respectueux qu’honnête sans tomber dans la complaisance relève de la gymnastique mondaine de haute voltige.
Il y a aussi ces amis/connaissances que vous voyez plus rarement. Ce n’est parfois pas évident de jauger l’importance mutuelle que vous avez dans la vie de l’autre et une disparité entre les deux me semble tricky à gérer, particulièrement plus elle est grande. Plus souvent qu’autrement, c’est tristounet et des mots de même qui amenuisent toute illusion de virilité que j’aurais pu entretenir auprès d’un quelconque lectorat féminin en liesse.
Prenant au bond la balle que je me suis auto-lancée (fluide comme ça le gamin), ce genre de situation n’est pas sans évoquer des circonstances un peu lourdes dans lesquelles ledit blogueur que je suis s’est retrouvé.
Puisque mon célibat semble être un drame national, au même titre que le décrochage scolaire massif ou l’inefficacité du système de santé, de nombreuses personnes se sont investies de la tortueuse mission de dégoter la flamme qui saura réchauffer mon cœur si froid (ou autre métaphore louche). De telle sorte que dans les derniers 2 mois, j’ai eu à faire face à quelques situations où sans m’avertir, on me settait up dans des soirées douteuses où on avait pris soin d’inviter une demoiselle à qui on avait fait lire ribambelle de mes posts.
J’apprenais donc par l’entremise de discours amphigouriques que j’étais un garçon bien gentil pis toute pis toute. Je me retrouve face à face avec des gens qui connaissent plusieurs facettes de ma personnalité, qui sont au courant de plusieurs anecdotes de mes deux dernières années tandis que moi, j’ignore tout de ces gens un peu geek qui lisent des blogues, tsé. Le rapport de force est à mon désavantage et je hais ça. Et il y a aussi ce côté « fille qui a un certain intérêt semi-fondé » vs moi qui suis juste déboussolé devant la situation. Il y a encore un débalancement relationnel.
Cela dit, c’est souvent intrinsèque à bien des relations, cette inégalité plus ou moins subtile. Que ce soit le gars au primaire qui est un peu stalker de la fille canon de l’école ou les femmes de 60 ans qui ratissent toutes les revues à potin, accumulant les infos croustillantes sur les vedettes, on ne s’en sort pas.
Parce que finir avec encore plus de banalité qu’au début, ça torche, bon.