Je hais avoir à trouver des titres. Jamais assez punché, trop facile. Que de longues tergiversations à tenter de coiffer des textes qui, forcément, me semblent de plus en plus mauvais à chaque minute qui passe entre la fin de la rédaction et la mise en ligne qui tarde.
Si un jour je me trouvais les testicules pour essayer d’écrire un roman, trouver un titre serait probablement une des tâches les plus ardues. Je me vois, crasseux dans un chalet, la barbe rugueuse et les cheveux hirsutes, un manuscrit imprimé, soigneusement empilé sur une vieille table en bois. Et sur le dessus, une page affreusement blanche, au silence tapageur.
Et je me vois, barbouillant, griffonnant, gaspillant une tonne de feuilles à la recherche d’un titre aussi évocateur qu’esthétique en vain. Parce que choisir cinq mots est souvent bien plus difficile qu’en choisir deux milles.
Titrer un blog, pour moi, c’est encore plus complexe qu’essayer de comprendre 2-3 phrases de Dave Hilton. Alors voilà, pour celui-ci, j’ai pris le premier livre qui trainait autour de moi dans ma chambre bordélique : Windows on the World de Beigbeder. Sans rechigner, je prends une page au hasard et pointe mon frêle index sur un mot. Si j’avais été rigoureux, ce blog portrait le nom de Chaleur humide. Il y a pire me direz vous, citant une multitude de blog aux titres encore plus fades que Paul Laroque.
Toujours est-il que j’ai tenté une deuxième fois, rempli de doutes sur les réelles chances de cette technique de produire quelque chose de concluant. Finalement, boom boom. Involontairement cannibal.
J’ai flashé sur l’image, les multiples interprétations possibles et tout. Il y a un peu de moi dans ça, c’est le désir de faire sa place, mais aussi de ne pas déranger. C’est le fait de blesser d’autres sans le vouloir. C’est plein d’autres trucs que j’écrirais si je ne dormais pas debout.
Alors voilà, la petite histoire du titre pour la pérennité, et parce que, oui oui, je ne savais vraiment pas quoi écrire ce soir.
C’est vrai que parfois il vaut mieux ne pas écrire et laisser fermenter un peu.
Savoir dire est certainement une belle qualité, savoir taire peut en être une aussi.
Dans la rue je me tais, ça j’ai appris, me reste à le faire sur mon blog mais comme c’est sans trop de conséquences je me fait parfois négligeant. La rue, elle, ne permet peu d’écart, tout doit être mesuré, y faire sa place et ne pas déranger demande une certaine rigueur.
On y apprend à dire en peu de mots l’essentiel. Tu dis peu parce que tu dois assumer chacun des mots et en direct, il n’y a rien de virtuel là-dedans. Les jointures sur la gueule peuvent venir vite.
Si un jour tu as des couilles, tu trouveras bien le titre de ton truc. Tu as assez de talent, je ne suis pas inquiet. Manque juste un peu d’enracinement. Pourtant je n’arrive pas à te donner un âge. La plume me semble plus mature que l’auteur. C’est fou comme critique mais c’est ce que je ressens. Tu sais, une ado avec un corps de déesse mais n’ayant pas encore 18 ans.
Pour ma part, après pas loin de 7 ans, je ne suis pas encore certain pour ce qui est du titre de mon roman. J’ai eu un super bon flash voilà quelques mois et je ne l’ai pas noté… Je scrute mon cerveau à sa recherche, encore. Et je ne suis vraiment pas confiant.
J’aime beaucoup “Involontairement canibal”.
Gars: Choisir ses interventions est un art qui se paufine avec le temps, on avance beaucoup par essais et erreurs, on remarque ce qui fonctionne, là où un peu de retenu aurait été de mise, là où notre pertinence fut rejeté, là où on était dans le tord. Au fond, c’est le processus qui va avec l’acquisition de la maturité et c’est vrai que la réalité de la vie accélère très souvent l’acquisition de cette dernière. Pour ce qui est de me donner un âge, 21 ans, gars, 21 ans.
Renart: J’apprends à la dure à noter mes trucs moi aussi. C’est fou combien la mémoire peut être traitre peu importe l’ampleur ou l’importance de la bonne idée. Je te souhaite vraiment de retrouver ton titre que tu tenais peut-être. Autrement, je ne doute pas que tu trouveras de toute manière.
21 ans. Bon alors je n’ose imaginer ce que tu seras à 40 ans. Je crois que tu es un être d’exception.
Je me demande ce qui a pu te faire une si belle tête.
Je crois avoir trouvé un petit filon, au moins.
Pour ce qui est de l’écriture de roman, je peux te dire que les six mois que ça m’a pris pour le premier jet ont été les plus beaux moments artistiques de ma vie, dans le sens d’être habité complètement par une oeuvre. Je ne sais vraiment pas si je vais en écrire un autre, mais j’en garde un très bon souvenir, même si je suis encore à le retravailler après 7 ans. Et je ne peux que te conseiller de te lancer sans hésiter si tu trouves un filon, justement.
Mais bon, j’ai commencé à me dire que j’aimerais en écrire un à 16 ans et j’ai entrepris la rédaction à 30 ans… hé hé!
C’est cute.
Personnellement je ne crois pas que tu es un mathématicien de 21 ans.
Ben non, j’y vois un exercice qui te permet de mesurer quelque chose qu’il t’importe de mesurer dans un but quelconque. Et je n’ai rien contre, ça peut servir.
C’est comme ça que je te vois, un imposteur virtuel qui affine sa plume.
Mais la dissonance est grande, trop grande pour moi.
J’aime bien te lire, mais lire un gars qui étudies en math, bof, ça fuck tout. Trop dissonant et la crédibilité se perd.
Je peux me tromper, ce n’est qu’une impression mais tu n’es pas arrivé à tenir Oops, tu le dis toi-même, il a mal mourru.
Alors tu veux vraiment d’un lecteur qui croit que tu es un mathématicien de 21 ans? Logiquement ce lecteur devrait te dire change de programme parce que tu ne parles jamais de math mais beaucoup de littérature.
Et pour terminer, ton talent peut s’exprimer sans manipuler les gens, c’est tes personnages que tu dois manipuler pas tes lecteurs. L’erreur elle est là.
Alors jeune homme de 21 ans qui étudie en math, bonne étude.
Et si tu veux m’envoyer paitre, tu as mon mail, on se donnera rendez-vous dans le réel et pour tes lecteurs qui me trouvent impertinent, l’invitation est la même.
Et si je me trompe, ben je m’excuserai.
Si ça porte un poids quelconque, je confirme qu’il est effectivement un jeune homme de 21 ans versé en mathématiques. Il n’étudie pas en mathématique mais dans un domaine connexe, si ça défuck un peu.
Ben L’Ours si tu le dis…C’est un génie ce mec.
Et quand bien même il serait une ménagère de 60 ans …
Gars: Du calme sur l’exception, j’écris des petits textes pour le fun sur un blog anodin sur internet, je ne fais pas manger personne ni ne sauve de vie.
Renart: J’ai dû commencé à y penser vers 15-16 aussi. Je ne sais pas si ça prendra aussi longtemps que toi pour me lancer ou si je parviendrai un jour à trouver une idée qui sera assez forte pour faire taire tous mes doutes mais bon, j’adorerais que ça arrive. Ne serait-ce que pour vivre ce 6 mois de création si intense.
Sophia: Je l’sais ben maudit.
Gars: Va voir le mail que je t’ai envoyé. Disons que je n’ai pas tant de temps à démontrer que j’existe, ce gamin étudiant en actuariat. Si après ça tu décides de continuer à douter, ce sera ton choix et je ne tenterai plus de te faire changer d’avis. Je n’ai guère comme objectif de manipuler qui que ce soit. Alors voilà, à toi de voir si tu t’excuses parce que tu es dans l’erreur ou si tu persistes avec tes étranges illusions.
L’Ours: Merci du support. For the record, sieur l’Ours a longtemps été mon voisin d’en face, voilà, il n’y a plus de secret ma foi.
Gars: Du calme avec les superlatifs saint ciel.
Rosana: Si j’avais à choisir, j’aimerais mieux être un retraité de 65 ans qu’une ménagère de 60, fier d’une bedaine hédoniste, qui passe ses après-midis à se prélasser dans un hamac, un portable jonché sur mon torse. Mais ce n’est pas le cas.
Pour te répondre le plus niaiseusement possible : petit train va loin!
Je n’ai pas objection à m’excuser, je le fais très souvent. Alors merci pour ce mail.
Pour les superlatifs, ben je trouve qu’ils qualifient bien ce que tu produis, alors je ne les change pas. :0)