Survivre à la connerie

J’ai une relation difficile avec la stupidité. La lenteur d’esprit m’exaspère au plus haut point et les plus beaux yeux au monde ne suffiraient pas à ne pas me rendre impatient lorsque j’y suis confronté. Okay, un peu, mettons, mais si peu.

Je sais bien que tout ceci pue l’arrogance, la présomption, la vanité, la suffisance pis plein d’autres mots de même que vous chuchotez dans le dos du snob du village. Mais à l’instar de Patrick Huard, je ne m’arrêterai pas au jugement du petit peuple, tsé, voyons.

Toujours est-il que dans le cadre d’un cours à option, ayant commis la frivole sottise de ne pas m’en tenir aux doux cours à distance, je me retrouve dans un département louche à suivre un cours de soir parmi une foule aussi hétéroclite que disparate intellectuellement.

C’est dans ce cadre que mon équilibre mental est mis à rude épreuve.

J’ai toujours eu de la difficulté à tolérer les gens qui posaient des questions dont les réponses ont déjà été fournies auparavant. Or dans ce cours, c’est un feu roulant de ces interrogations outrageuses, une pétarade de demandes fécales. Pendant ce temps, je broie du noir et loin de moi l’idée de vouloir faire un jeu de mots facile sur la race du tiers de la classe.

Je débuterai ce paragraphe en disant que je trouve plus qu’honorable que certains adultes décident de faire un retour aux études, désireux d’obtenir encore plus de savoir, de complémenter leur formation, d’acquérir du frais savoir. Cela dit, tabarnac. Parmi la masse surmotivée de ces gens, il y a toujours un ou deux spécimens particuliers, appelant à la caricature et aux jurons. Des gens qui malgré une tonne d’efforts louables, ne comprennent rien. C’est souvent subtil. Le cours a lieu, il hoche de la tête constamment, griffonne un tas de notes, semblent en contrôle. Puis il lève la main et pose une question aberrament jambonne, réduisant d’un coup l’illusion fragile de la moindre maitrise du sujet, étalant leur epic fail sur la place publique sans la moindre pudeur et ça, au moins, c’est respectable. Mais quand c’est un teammate de travail long, tu te chies dessus es fort troublé.

Puis il y a l’enseignant qui croit bon tout répéter à six reprises, comme si on était au Banquier et qui n’a toujours pas donné de matière depuis 3 cours malgré 8 heures en classe. Et moi, je rumine parmi les bovins. Heureusement que j’ai quelques compagnons qui ont la même analyse que moi, autrement je virerais fou.

Quoique. Je me passe la main dans le visage à un rythme effarant, je soupire plus souvent qu’une adolescente qui vient de se faire crisser là et je regarde ma montre comme si j’étais à la messe de Noël. J’ai un effort de tolérance à faire, de la patience à obtenir parce que gérer avec des gens plus slows, ça me prend tout mon petit jus.

7 Commentaires

Classé dans Anecdotes, Frustration

7 réponses à Survivre à la connerie

  1. Hum.
    Ya un nom pour ce trouble là tu sais:

    http://en.wikipedia.org/wiki/Dunning%E2%80%93Kruger_effect

    Tu connais, hein. “Si le chapeau…”
    ;)

  2. letapageur

    Ça expliquerait pas mal de choses!

  3. Je pensais que tu étudiais dans un domaine ou tout le monde avait un laptop et jouait au solitaire pendant les cours… C’est pas ça?

  4. L'Ours

    Savoureux.

    Je me souviens des jours où on se prenait, à quatre, un cours dans les pavillons de l’Ouest dans le but de chacun se présenter au quart des cours. Parce qu’un quart, ça éreinte déjà la bonhommie.

    Mon meilleur souvenir: on fait un exercice sur la déconstruction d’un concept en ses parties, tel que nuage qui peut être cirrus, cumulus, nimbus…
    Nouveau concept: l’eau. “Mais M. le professeur, c’est impossible!” s’exclame notre amie en retour aux études, “l’eau est déjà un élément de base comme la terre et le feu.”

  5. Heu!?! J’ai une question aberrament jambonne; heu? *confus* …Ah pi laisse faire j’ai oublié…

  6. Un gars

    Je ne trouve pas que ces propos puent, je les trouve plutôt convenant. Il n’est pas rare d’écrire le monde à partir de soi, Sartre n’a-t-il pas écrit l’enfer c’est les autres.
    Il suffit de lire des blogs pour constater que ce principe constitue la trame de fond de bien des discours.
    Dans le réel c’est pareil.
    C’est une tendance qui est In, indémodable.

  7. L'Ours

    Ça se démode: il y a des générations moins narcissiques que d’autres. Des fois, le monde pensent à bâtir des sociétés et des avenirs pour d’autres gens. C’est fuck all.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s