Top 5 des médisances louches sur le sport

C’était fin de semaine de sport faste ce week-end. Malgré l’absence du Rouge et Or à la Coupe Vanier, la capitale a vibré. Samedi, une foule s’était agglutinée au PEPS de l’université Laval en après-midi alors que Queens effectuait un retour sensationnel. En soirée, Lucian Bute faisait taire une tonne de détracteurs en expédiant sèchement Librado Andrade au tapis après seulement 4 rounds, dissipant tous les doutes qui persistaient depuis leur dernier affrontement. Puis ce soir, c’était la finale de la Coupe Grey, de quoi exciter toute la ruralité d’un océan à l’autre.

Qui dit fin de semaine de sports dit discussion dans les chaumières. Et inévitablement, les mêmes situations, clichés m’irritent. Parce que j’introduis ça louchement de même des tops 5.

5 – Les faux fans : Il s’agit de ceux qui deviennent des fanatiques l’espace des éliminatoires et des championnats. Au soccer, il s’agit de ceux qui s’excitent le poil, durant les Coupes du Monde. Au hockey, ce sont  les gens qui pullulent dans les Cages aux sports et qui s’exaltent le temps d’un printemps. Ils se rassemblent pour regarder le Super Bowl à chaque année et deviennent pseudo experts pour une soirée, gratifiant tout le monde de leurs observations louches.

4 – «S’toute des criss de dopés » : Les longues tirades anti dopage des gens qui ne connaissent pas trop les enjeux, les produits, l’historique. Et toute l’hypocrisie. Ceux qui haïssent Barry Bonds pour mourir parce qu’il est dopé mais qui ne disent rien sur Mark McGwire et qui ont un esti de gilet de Game Over dans leur garde-robe. Les gens qui s’insurgent sur le problème de drogue dans le cyclisme mais qui anyway, s’en câlisserait complètement du vélo de toute façon.

3- Ceux qui se plaignent du petit nombre de Québécois avec le CH : Que ce soit Réjean Tremblay aux deux semaines ou les intenses du forum Le Québécois, il y a constamment une chemise qui se déchire quelque part et quelqu’un qui s’époumone en décriant le faible nombre de petits gars de chez nous qui porte la Sainte Flanelle. Personnellement, je pourrais difficilement me foutre plus de la nationalité d’un joueur. S’il remplit le filet, c’en ben bon Manon.

2- S’approprier les sportifs : En fin de semaine, c’était particulièrement criant. On fêtait la victoire de Lucian Bute, un des nôtres! Qu’on me comprenne, je trouve ça sensass qu’il ait choisi le Canada comme terre d’accueil, qu’il ait appris le français et nous aaaaaime. Mais si le même Lucian était arrivé de la Roumanie il y a 5 ans pour finir par occuper un emploi aléatoire, bien des gens seraient moins enclins à le proclamer gars de chez nous rapidement, et ça, ça m’écoeure.

1- Se plaindre du salaire des joueurs : C’est tellement courant, les gens y vont de comparaison ridicule entre le salaire d’un joueur de hockey et d’un médecin, disent qu’eux, ils le feraient gratuitement et autres absurdités.

Si on prend pour exemple la NHL. Le cap salarial est calculé de sorte qu’environ 55% des revenus générés par la ligue revient aux joueurs. Ce que ça veut dire, c’est que si les joueurs gagnent moins, les propriétaires empochent plus, seule la distribution des revenus est modifiée. Le fait est que les joueurs génèrent d’immenses profits. Que ce soit par la vente de billets ou d’articles promotionnels, ils sont vraiment à la base d’une tonne de fric. Je préfère honnêtement que l’argent leur revienne plutôt qu’à quelques richissimes investisseurs. Le Centre Bell est plein à craquer 41 fois l’an, je trouve ça normal que les joueurs obtiennent leur part des revenus.

Dans la même veine, les gens qui s’insurgent sur le prix des billets du Habs n’ont aucune conception de l’offre et de la demande. Même chose pour les fameuses bières à 11$. Les gens achètent, pourquoi les propriétaires devraient faire la charité? C’est une entreprise, ils ne doivent rien à personne.

Faudrait que quelqu’un explique tout ça à Guy Lafleur, question qu’il arrête de pleurnicher à chaque fois qu’il a une tribune sur le fait que lui à l’époque, il se faisait payer des peanuts et que les joueurs aujourd’hui sont des gros sans cœur dégueulasses parce qu’ils touchent des millions. Ils devraient se réjouir que les joueurs aient enfin ce qu’ils méritent au lieu d’être une légende déchue rongée par la jalousie. Anyway Guy, il aurait fait quoi avec plus d’argent, payer une meilleure gardienne à son fils pendant qu’il faisait les bars?

10 Commentaires

Classé dans Top 5

Le tapageur, ce trésorier coquin

Je ne me suis jamais impliqué dans quoi que ce soit avant cette année. Mis à part peut-être cette fois, secondaire 5, cours d’économie avec une prof qui a inscrit dans mon album de finissant que j’étais « celui que l’on veut tous comme fils », j’avais décidé de poser ma candidature pour être le représentant de classe. Je me disais que ça serait cocasse et inusité et qu’il s’agirait peut-être là d’une expérience le fun. Malheureusement, la majorité a décidé que je n’étais pas celui que l’on veut tous comme représentant.

Si bien que je me suis toujours tenu loin des conseils étudiants, exécutif estudiantin ou autres trucs qui se placent si bien dans une candidature pour entrer en médecine. J’observais les gens aller et cultivais les préjugés comme Claude Dubois cultive le mépris.

Puis cette année, après une léthargie de 21 ans, j’ai décidé de prendre partie prenante dans la vie collective. C’est à la surprise de mon entourage que le tout en flegme que je suis a décidé de s’impliquer dans l’exubérant festival étudiant qui a lieu annuellement dans la faculté. Homme de chiffre et de rigueur, je suis le trésorier de ladite festivité qui, ma foi, brasse de substantielles sommes.

C’est donc depuis le début de l’année que l’exécutif se rencontre et planifie le Festival mythique à venir. Je dois avouer que j’appréhendais le premier meeting. Je m’imaginais avec clarté un groupuscule de gens mus par une motivation enragée, se caressant la génitalité avec une vigueur soutenue, excités à l’idée seule d’entériner un ordre du jour. Ils étaient là, dans ma tête, à vouloir trouver des moyens saugrenus pour détourner de façon malsaine les cotisations des étudiants afin de s’acheter sans vergogne quantité de ponchos et multitude de sachets de thé vert.

Évidemment, il n’en est rien. Il s’agit plutôt d’un groupe de gens pragmatiques et motivés en plus d’être allumés. Je me surprends à aimer mon implication. J’ai pris plaisir à monter mon budget, j’ai hâte au Festival, fin janvier. J’abats de la besogne et j’ai l’impression d’être utile, un sentiment que je ressens trop rarement.

Alors voilà, je suis un gamin qui a du plaisir. Je suis toujours mitigé lorsque je découvre sur le RELATIF tard des plaisirs que j’ignorais ou boudais jusque-là. Je trouve ça exaltant de pouvoir garnir ma vie parfois trop terne d’un amusement supplémentaire, mais je me sens un peu idiot de ne pas l’avoir découvert avant. Jamais capable d’être entièrement content le gars.

9 Commentaires

Classé dans Anecdotes, Banalité

Missive en provenance du passé

Parfois je crains ce que le futur me réserve. Je ne sais pas ce que je deviendrai, j’appréhende la personne que je serai dans une vingtaine d’années. Si je le pouvais, j’aimerais pouvoir communiquer avec celui que je suis devenu. Je ne sais pas trop ce que je lui dirais si je pouvais lui parler, surement ce genre de truc :

Salut Hugo,

Je ne sais pas trop comment tu vas réagir en lisant ça si ce n’est du fait que tu réaliseras que tu étais résolument louche il y a 20 ans. Je ne sais pas trop, j’avais peur, j’avais la crisse de chienne, alors j’avais le goût de te jaser ça.

Souvent, tard le soir, je me mets à penser à ce que tu es. Erres-tu encore à la recherche d’un sens à ta vie comme tu le faisais avec une tristesse infinie il y a deux décennies ou as-tu réussi à te trouver une certitude quelconque, quelque chose auquel te rattacher? As-tu déniché la femme infiniment intelligente que tu espérais tant? Qu’en est-il de la marmaille, est-ce que ça grouille autant que tu souhaitais chez vous?

J’ai parfois de grands rêves pour toi, j’espère le bonheur et la sérénité, j’entrevois des accomplissements notoires, je t’imagine profondément heureux. Puis il y a de ces moments plus sombres où je crains pour une multitude de trucs.

Je t’appréhende seul encore à quarante ans, rongé par la rancœur, grugé par le cynisme à outrance, la méfiance et la désillusion. D’autres fois, je te crains emmouraché par le pouvoir de l’argent, avide de toujours en obtenir plus, travaillant sans cesse et n’ayant que faire de ton entourage qui risque d’être rendu bien mince. Parfois, je redoute que tu sois devenu trop imbu, obnubilé par ta personne, entiché par le quidam que tu es, distribuant des leçons à tout le monde, particulièrement aux “jeunes”.

J’ai peur que tu regrettes la vie que je mène en ce moment. Je ne travaille pas assez, je me sens souvent coupable à ton endroit de procrastiner autant. Je n’ai pas la force de remettre en question sérieusement mes choix académiques, j’ignore si tu as vécu 10-15 années de misère professionnelle ou si plutôt j’ai fait le bon choix, tout s’est placé et tu as tripé comme tu le rêvais tout petit. N’aie pas peur de tout chambarder s’il le faut, repense à la lopette que je suis et fais mieux.

Tu écrivais souvent, j’aimerais bien que tu t’en souviennes. J’espère que tu le fais encore, que tu prends encore le temps malgré le feu roulant que doit être ta vie. Peut-être que tu as enfin trouvé le courage d’écrire quelque chose de plus substantiel qu’un blogue, mais sinon, dis toi qu’il n’est pas trop tard. Commence maintenant, allez, j’ose croire que tu as désormais assez vécu pour te sentir suffisamment pertinent.

Rappelle-toi aussi de mes amis. J’espère qu’ils sont également les tiens. Le temps vous a surement éloigné, il le fait déjà ici, à mon époque, et ça me fiche un peu la frousse. Mais aussi loin que vous soyez, je souhaite que tu puisses encore prendre le téléphone à tout moment pour les appeler, leur jaser, aller prendre une bière, ou dix. Décroche le combiné, là, tout de suite, et appelles-en-un à qui tu n’as pas parlé depuis longtemps. Les gens changent à une vitesse terrifiante ici, ce n’est surement pas différent chez vous.

Je dis que j’ai peur, mais voilà, tu me connais, je suis ridiculement orgueilleux. La vérité, c’est que je suis complètement terrifié, j’ai l’impression que mon futur, que ma vie d’adulte est de plus en plus imminente et je n’ai pas autant de contrôle sur celle-ci que je le voudrais. Je croule sous les doutes et quand j’y pense trop, les tourments sont étourdissants.

Mais malgré tout, je suis optimiste. J’ai l’impression d’avoir accès à beaucoup (trop) de voie, je ne sais pas quelle emprunter. Cependant, j’ai la conviction que la majorité d’entre elles mènent à bon port.

Tout ça est juvénile. Ne t’en fais pas, j’ai la lucidité de le réaliser. Sauf que de t’écrire comme ça, ce soir, c’était vachement bien.

Prends soin de toi, tu commences à être âgé en maudit mon vieux.

Hugo

5 Commentaires

Classé dans Dans ma tête, Introspection

Quitter pour ne plus revenir

C’est arrivé sans crier gare, je suis parti un matin, rien, pour revenir tard en soirée et la trouver planter dans la pelouse chez moi. Elle était là sans vraiment avoir été annoncée, me surprenant comme le ferait une première neige au mois de septembre. Une pancarte bien modeste clouée sur un deux par quatre ridiculement neuf. La maison dans laquelle j’ai vécu toute ma vie est à vendre.

Bien sûr, ce fut discuté de long en large, le déménagement n’est pas pour demain, mais voilà, pour moi, ce sera toujours trop tôt. Si je brûle d’envie de quitter le contraignant nid familial, le fait de perdre celui-ci me trouble. C’est une énorme attache qui disparait et je feel endeuillé, ça m’arrive jamais.

Ça fait étrange d’être ainsi attaché à du bois, des briques et de la tôle. Mais voilà, c’est là que j’ai grandi et l’idée que très prochainement, ça ne soit plus chez nous, chez moi, ça me fait quelque chose. Comme une impression de larguer les amarres et de ne plus avoir de port où revenir, de devenir errant.

C’est sans doute la multitude de souvenirs qui m’attache à ce lieu qui m’y retienne. Je connais tout ici. La nuit, lorsque je vais me prendre un verre de lait dans la pénombre, je sais comment me déplacer pour esquiver les planches mugissantes de la cuisine. Je connais la façon de manipuler les champlures pour éviter toute fuite inopinée. Je suis apte à actionner avec aisance la chasse d’eau capricieuse de la toilette du sous-sol afin de ne pas avoir de pépins. J’ai apprivoisé ma demeure jusqu’à la symbiose.

Je vais m’ennuyer de tous ces sons qui ont bercé mon enfance : le déclic particulier du calorifère lorsque j’augmentais la température pour venir m’y accoter emmailloté, bouquin en main, le sifflement caractéristique du vent qui pénètre dans la vieille hotte du four, le claquement sec du portique lousse de l’abri tempo. Je vais m’ennuyer de cette mélodie riche qui a bercé ma vie jusqu’à maintenant.

Et puis je sais que ça va arriver, qu’un bon soir dans quelques mois je vais embarquer dans ma voiture et rouler vers l’inconnu et que mes pulsions me ramèneront ici. Je garerai ma voiture et prendrai une marche dans ce qui fut jadis mon quartier. Et je m’arrêterai devant ce qui fut chez moi, sans vraiment pouvoir pénétrer sur le terrain, encore moins dans la maison. Je ne serais désormais plus que spectateur passif de mon passé. Et ce jour-là, je vais être fessé.

Il y aura peut-être un petit garçon autre que moi qui défoncera la porte turquoise du cabanon à grands coups de roue avant de vélo trop grand. Il y aura un homme qui sacrera en tondant la pelouse du terrain cahoteux. Il y aura des soupers qui se prendront dans notre salle à manger, la porte-patio donnant sur des couchers de soleil grandioses, et ma chaise sera occupée par quelqu’un d’autre.

Et ma chambre, avec sa tapisserie remplie de sportifs qui prendra assurément le chemin, que deviendra-t-elle? Y aura-t-il quelqu’un qui y passera la nuit éveillé, faiblement éclairé par une frêle lampe à lire et écrire jusqu’aux petites heures? Est-ce que ça deviendra un bureau, une salle de jeu? Je crains qu’on dynamite mon passé à la vitesse de l’éclair.

Heureusement, il me reste encore quelque temps. J’essaie de mémoriser chaque parcelle de la maison, d’encapsuler hermétiquement tous les souvenirs que je possède afin qu’ils survivent aux affres du temps et passent à la pérennité. Mais voilà, le temps passera et un jour je rigolerai bien de mes tourments juvéniles, de cette peine d’avoir à renoncer définitivement à la maison où j’ai grandi. Et quand ça arrivera, je serai une tristement vieille personne.

9 Commentaires

Classé dans Dans ma tête

Contrôler le pourboire

Chez la coiffeuse, au restaurant, dans les pubs, j’ai l’impression qu’on se joue de plus en plus de moi. Je suis peut-être malchanceux, mais j’observe une propension de plus à plus grande à redonner le change en grosse coupure. C’est que, voyez-vous, j’ai l’impression qu’il s’agit du truc en vogue pour obtenir un plus gros pourboire.

Mise en scène classique : petit jeudi soir, gros gosier sec, je me retrouve dans un pub avec quelques amis. Je me dirige vers le bar où je me commande une pinte pour laquelle on me charge 6$. Je plonge donc dans ma poche arrière pour en extraire un dix dollars froissé que je tends à la barmaid tout avide. Cavalièrement, elle me donne mon change sous la forme de deux pièces de deux dollars, sous-entendant au passage qu’un tips acceptable serait de deux dollars.

Or moi, deux pièces pour avoir tenu un verre pendant 20 secondes, ça m’horripile. Un pourboire de 33%, ça frise l’indécence, surtout pour le simple fait de servir de la bière. Je comprends et connais le concept de salaire minimum avec pourboire, je connais aussi le concept du respect, et j’aime le fait de les amalgamer.

Alors, de plus en plus, quand on me force un certain montant de tips, je ne donne rien, faisait fi de ce que pensera la personne qui m’a offert le service. Au contraire, quand la personne se donne le mal de me donner mon change en multiples coupures, je suis alors bien plus généreux que je l’aurais été d’ordinaire. Le renforcement positif qu’ils appellent? Appelez-moi Pavlov.

Disons que ça pourrait être pire. Je pourrais ne pas croire au concept de pourboire :

13 Commentaires

Classé dans Frustration

Se prêter aux entremetteurs

Jusqu’à dernièrement, mis à part peut-être une écartade frivole,  j’avais toujours refusé assez catégoriquement de me prêter à toute séance de matchage des multiples conconcteux d’amourettes qui pullulent dans mon entourage. Je trouvais ça un peu puéril, je puais le scepticisme, j’étais assez grand pour faire ça tout seul.

Puis lentement, les vagues régulières de la solitude sont venues éroder mon rocher d’orgueil pourtant imposant. La marée se faisant de plus en plus haute, je suis désormais enclin à vouloir agripper les bouées que lanceraient des mains bien intentionnées.

Ce n’est donc plus avec dilettantisme que je tends l’oreille lorsque, pour une dixième (centième?) fois, on prétend connaitre quelqu’un d’IDÉAL pour ma pauvre et seule personne. J’écoute désormais avec un peu plus qu’une froide politesse. Je suis rempli d’une bonne foi toute naïve et je me prête au jeu avec un entrain bon enfant.

Sauf que jusqu’à présent, le terme déception ferait figure d’euphémisme. Je pense faire preuve d’une ouverture qui, dans ce domaine, ne m’est pas caractéristique. Or à chaque fois, je me suis retrouvé face à face avec quelqu’un qui n’avait visiblement rien en commun avec moi. Ou avec une fille foncièrement laide. Comprenez-moi, je n’ai pas une évaluation dithyrambique de ma personne tant au plan intellectuel que physique, elle est moyenne et je pense qu’elle est assez juste. Malgré ça, à deux reprises jusqu’à maintenant, c’était malaisant. Autant pour moi que pour elles.

Je me questionne sur l’évaluation que mon entourage fait de moi. De quoi troubler mon frêle esprit.

Je pense que le problème, c’est qu’un peu tout le monde se dit : « Hugo est seul, je connais quelqu’un qui est seule, sacrament qu’ils iraient bien ensemble, ils ont ça en commun ! ». Comme si en annonçant que j’étais game de me prêter au jeu des entremetteurs, je venais d’annoncer que je renonçais à tous critères et que j’étais désormais prédisposé à fréquenter quiconque. Je suis assez à l’aise avec moi pour ne pas en être là.

Je ne sais pas trop après combien d’essai infructueux je pourrais conclure qu’il ne s’agit pas là d’une voie gagnante, mais disons que mes espoirs s’amenuisent. Sinon, c’est quoi ensuite? Les sites de rencontre? Disons que mon rocher d’orgueil aura besoin d’être érodé encore en tabarnac.

2 Commentaires

Classé dans Dans ma tête

Réhabiliter le patriotisme

Je suis très peu souvent sorti du Québec, je m’en confesse. J’ignore si cela ampute la validité du reste, à vous de voir, je voulais commencer en le spécifiant.

Toujours est-il qu’à chaque fois que je m’aventure au-delà des frontières québécoises, que ce soit au niveau pancanadien ou aux États-Unis, je suis frappé par la quantité de drapeaux qu’on retrouve un peu partout. Si le fanion en tant que tel est quelconque, le symbolisme dont il est porteur l’est quant à lui beaucoup moins. Pour moi, la multitude de bannières affirme un patriotisme certain. Or je crois qu’au Québec, ce patriotisme nous manque, qu’il nous faut le réhabiliter. Vous comprendrez que tout cela va bien entendu au-delà d’une simple histoire de chiffon.

Je crois qu’il faut d’abord réhabiliter le mot. Parce que le patriote, pour moi, n’est pas un souverainiste. L’un n’empêche pas l’autre, mais il ne s’agit pas de deux choses indissociables comme certains groupuscules qui s’approprient jalousement le mot à tort et à travers depuis quelques années tentent de le faire croire. Pour moi, le patriote, c’est principalement quelqu’un qui aime et chérit sa patrie avant tout. Le patriotisme, c’est une question de fierté, celle de son peuple, de ses terres et traditions. Ça va bien au dessus de tout concept constitutionnel, de nationalité ou autre. Vous restez chez nous, vous êtes avec nous, est-ce qu’on peut se dire qu’on s’aime et être fiers?

Et je ne parle pas de la fierté une fois l’an, le 24 juin. Pas celle d’un groupe de gens hétéroclites franchement réchauffés qui se prennent par les épaules en chantant du Paul Piché en se disant qu’ils s’aiment bien. Pas celle d’un jeune gelé qui brandit avec vigueur un drapeau québécois. Je parle plutôt de la fierté viscérale, celle qui s’affirme dans le quotidien, celle qui n’a pas besoin d’occasion pour être exhibée. Celle qu’on ressent lorsque l’on parle de nos origines, peu importe où que nous soyons sur la Terre. Ça devrait être une joie de dire en Europe, en Asie ou ailleurs que nous venons du Québec. Ou du Canada? C’est peut-être ça aussi, le problème.

Nous avons la patrie floue, soit. Mais au-delà du sempiternel débat souverainiste-fédéraliste, les deux camps doivent admettre plusieurs choses en commun, que ce soit le territoire, les mœurs, des accomplissements communs. Et je pense qu’il faut commencer à bâtir sur ça, rapidement.

Parce que de plus en plus, je trouve qu’on fait du Québec bashing. À la radio, dans les journaux, un peu partout, j’ai l’impression qu’on dresse des portraits exagérément sombres de notre peuple, qu’on en beurre vraiment épais et que les gens en redemandent, dans un espèce de masochisme collectif qui me dépasse. Le danger, c’est qu’à force de répéter que nous sommes nés pour un petit pain, nous finissions par le croire et ça, ça serait vraiment dommage. Pour moi, ce serait tomber dans l’obscurantisme.

Car pour moins, la corrélation est directe : la fierté mène à la réussite. J’ai l’impression que la période où nous avons été le plus fiers collectivement, c’est lors de la Révolution Tranquille. Bien sûr, il y a peut-être un problème d’origine, de poule et de l’œuf mais je crois sincèrement que la fierté réside beaucoup plus à l’origine qu’à la fin. La question nationale a ensuite scindé la population et être fier et patriote est devenu un peu plus difficile. Or depuis, c’est près du néant au niveau des réalisations.

C’est peut-être une lubie, une utopie toute adolescente, ainsi soit-il, mais j’entretiens le rêve que nous soyons collectivement patriote, du Canadien français de la Côte-Nord jusqu’à l’immigrant fraichement arrivé de Montréal.

Bien sur, la corruption ronge parfois notre système et la grosseur de ce dernier le rend sclérosé. Oui, nous sommes trop unilingues, trop endettés, pas assez éduqués. Tout ça, on le sait. En fait, on le sait en sacrament, on nous le répète ad nauseam. Maintenant, est-ce qu’on pourrait commencer à se parler de nos terres qui sont absolument magnifiques, de notre fleuve resplendissant, de notre sol si riche? On pourrait aussi crier notre bonté, nos valeurs sociales, notre créativité et notre débrouillardise.

On pourrait, collectivement, se donner le droit d’être patriote. Ne serait-ce que pour voir les choses grandioses qui en sortiront?

7 Commentaires

Classé dans Dans ma tête